Fred, Hôte Nohô passionné, illustratrice et linograveuse

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On Friday 13 February 2026 at 15:55

Introduction

À 31 ans, Fred a choisi de revenir à ses premiers amours : la création artistique. Ancienne libraire contrainte d’arrêter pour des raisons de santé, elle se reconstruit à travers le dessin digital, la gouache, l’aquarelle… avant de découvrir la linogravure, qui devient une véritable passion.

Depuis plus de trois ans, elle explore cette technique d’impression artisanale, entre minutie, expérimentation et méditation. Sur Nohô, elle partage son savoir-faire pour rendre la linogravure accessible à tous.

Peux-tu te présenter ?

Moi c’est Fred, j’ai 34 ans, je suis illustratrice et linograveuse.
J’étais libraire avant, mais j’ai arrêté à cause de soucis de dos. Je suis alors retournée à mes premiers amours : la création artistique.

J’avais fait une formation artistique quand j’étais plus jeune, mais comme je n’arrivais pas à intégrer d’école, je me suis dirigée vers autre chose. Et puis j’ai tout repris à 30 ans.

J’ai commencé par apprendre le dessin digital en streamant sur Twitch, avec cette idée : « Venez me voir galérer à apprendre le dessin digital parce que je n’en ai jamais fait. »

Ensuite, j’ai exploré la gouache et l’aquarelle, que j’ai adorées. Puis j’ai découvert la linogravure… et c’est devenu ma grosse passion. Ça fait maintenant un peu plus de trois ans que je pratique sérieusement.

Est-ce qu’il y a différentes techniques en linogravure ? Peux-tu nous en parler ?

Oui, bien sûr.

La linogravure est un principe d’impression en positif : tout ce qu’on creuse ne s’imprime pas.

On peut graver sur du lino — qui est le matériau le plus abordable et le plus simple, car plus mou — mais aussi sur du bois ou d’autres matériaux. Moi, je travaille principalement sur du lino gris. Il existe aussi des supports comme la gomme, qui se rapproche davantage du principe du tampon.

Mes formats vont du A6 au A3, et j’aimerais un jour pouvoir travailler encore plus grand.

Concrètement, on creuse la plaque, puis on l’encre avec un rouleau. Ensuite, on presse le papier dessus assez fortement pour transférer l’encre. C’est assez physique, mine de rien.

On peut imprimer une œuvre à l’infini ou choisir de travailler en édition limitée. Personnellement, certaines gravures sont limitées à 30 ou 50 exemplaires. D’autres sont imprimées en fonction de la demande.

Peut-on travailler avec plusieurs couleurs en linogravure ?

Oui, c’est possible. Il y a deux grandes méthodes.

La première s’appelle la linogravure en réduction. On grave une première fois, on imprime, puis on regrave la même plaque en retirant de la matière, on imprime avec une autre couleur, et ainsi de suite. Au fur et à mesure, les couleurs précédentes apparaissent en dessous. Cela permet de créer des œuvres multicouches.

La seconde méthode, que je commence à expérimenter, consiste à faire des dégradés.
Par exemple, je peux utiliser du bleu et du rose : un rouleau bleu, un rouleau rose, puis un rouleau qui mélange les deux pour créer la transition. Cela permet d’imprimer plusieurs couleurs en un seul passage.

Est-ce qu’il y a une œuvre dont tu es particulièrement fière ?

Oui, notamment une des dernières que j’ai réalisées. Elle m’a montré que j’avais beaucoup progressé dans la finesse de mon gravage.

Je l’ai appelée « le Chatbouc».
J’ai commencé une série autour d’un cabinet de curiosités. Il y a deux ans, j’avais créé une première pièce : un crâne de corbeau avec des bois de cerf, dans un cadre baroque appelée le «  Le Cornebeau ». Je voulais imprimer le cadre en doré, mais je galérais à trouver une encre adaptée, donc je l’avais mise de côté.

En octobre, j’ai enfin réalisé la seconde : un crâne de chat avec des cornes de bouc, dans un magnifique cadre baroque. Cette œuvre m’a demandé énormément de temps, mais je suis très fière du rendu final.

Tu es la co-créatrice de Drink & Draw ?

Oui. Avec mon mari, on est arrivé en Normandie il y a un an à peu près. Avant on vivait à Bordeaux où il y avait cette activité qui s’appelait le Drink & Draw donc c’était des rencontres entre artistes et créatifs autour d’un verre le temps d’une soirée. C’était un concept qu’on connaissait déjà, mais on avait jamais eu l’occasion d’y aller. 

Quand on est arrivé à Caen on s’est rendu compte que c’était un manque et on a décidé de le créer nous même. La première édition était en décembre 2025. On organise chaque mois une rencontre avec les artistes sous l’égide de Drink & Draw.On verra bien l’évolution, ça deviendra peut-être plus régulier parce qu’on a d’autres endroits qui seraient intéressés pour nous accueillir. Mais voilà c’est un début d’aventure, on verra ce que ce que ça donne !

Que proposes-tu sur la plateforme Nohô ?

L’idée est de faire découvrir la linogravure et la gravure en général, parce que c’est une technique très accessible.

On peut vraiment graver avec beaucoup de matériaux si on est un peu inventif. J’aime dire que c’est une technique un peu « pirate » : on peut expérimenter facilement.

Pour moi, la gravure est presque une forme de méditation. Quand je creuse, mon cerveau se vide, et ça me fait énormément de bien.

J’ai rencontré beaucoup de personnes qui ont essayé la linogravure et adoré, mais qui se sont senties perdues face au manque d’informations claires. Il faut souvent chercher un peu partout.

Sur Nohô, je propose donc :

  • de présenter les bases de la gravure
  • d’expliquer les différents matériaux et outils
  • de partager les erreurs de débutant qu’on fait tous
  • d’aider à bien démarrer pour éviter frustration et perte de temps

Si cela peut permettre à quelqu’un de se lancer sereinement dans la linogravure, alors l’objectif est atteint.

Conclusion

Le parcours de Fred est celui d’un retour à soi. Après une pause forcée, elle a transformé une contrainte en opportunité pour renouer avec la création artistique.

À travers la linogravure, elle explore un art à la fois technique, physique et profondément apaisant. Son travail mêle finesse, imaginaire et univers singulier, notamment autour du cabinet de curiosités.

Sur Nohô, elle ne propose pas seulement une initiation artistique : elle partage une pratique accessible, méditative et libératrice, pour donner à chacun l’envie (et les clés) de créer.

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